HOWYA ? L'IRLANDE EN 5 FILMS
Adam et Paul
Réalisé par Lenny Abrahamson
Avec Mark O'Halloran et Tom Murphy
2004 - Irlande - 1h25
La routine de deux junkies dublinois qui cherchent quelque chose à se mettre sous la veine. Adam and Paul nous emmènent dans les mauvais quartiers de Dublin dans une balade à l’atmosphère étrangement enfantine. Si l’univers décalé de ces amis de (mal)fortune qui ont troqué toute réalité pour une quête résignée et absurde laisse dans une position inconfortable, il en ressort une poésie typique au pays, qui se ressent aussi bien dans les dialogues bourrés d’argot que dans la logique des personnages(cf extrait). Suivre ces Laurel et Hardy irlandais est, je crois, une excellente première visite de la ville, entre tristesse et envoûtement.

The commitments
Réalisé par Alan Parker
Avec Robert Arkins et Glen Hansard
1991 - Irlande - 1h58
Focus sur une scène : 4 prolos irlandais blanc comme neige (crasseuse de Dublin) sont entassés dans un petit magasin pour regarder James Brown se déhancher afin de s’inspirer de son jeu de scène pour leur prochain concert. Musiciens perplexes.
Un musicien: On est pas un peu trop blanc pour faire ça ?
Billy, le manager: Vous comprenez pas ? Mecs, Les Irlandais sont les noirs de l'Europe. Et les dublinois sont les noirs de l'Irlande. Et les nord-dublinois sont les noirs de Dublin . Alors allez-y, hurlez le : Je suis noir et fier de l'être !
The commitments c’est jouissif. La classe ouvrière de Dublin se soulève et redonne la pèche aux glandeurs et aux bons-à-rien en reprenant les classiques soul, portés par la voix extraordinaire du très exécrable chanteur Deco aka Andrew Strong

Hunger
Réalisé par Steve McQueen
Avec Michael Fassbender et Liam Cunningham
2008 - Irlande - 1h36
Irlande du nord, années 70 : Les prisonniers de l’IRA se voient retirer leur statut politique, et sont réduits au rang de criminel. Dans la prison de Maze commence alors une lutte acharné des détenus pour regagner leurs droits. Fin 1976, ils refusent de porter le moindre vêtement (« blanket protest ») puis de se laver (« no wash protest »).
Steeve McQueen nous plonge sans ménagements dans la crasse et la violence de cette prison. Hunger est un film à la construction un peu classique mais au rythme remarquable : La première partie quasi silencieuse concentre une tension toujours plus palpable qui finit par exploser dans un débat magnifique entre Bobby Sands et le prêtre catholique. L’activiste débute une grève de la fin qui aboutira à l’issue d’un douloureux processus à l’abolition de la violence dans une compassion inouïe du médecin envers le corps épuisé du martyr.
